jeudi 5 mars 2015

Les arrêts maladie : différences franco-allemandes



Imaginez la scène. Vous êtes en France. Vous avez la crève depuis une petite semaine.
Nez qui coule, toux impressionnante, 10 000 mouchoirs utilisés en 1 journée, une impression de fièvre, de la fatigue.
Bref, vous ne seriez pas contre un arrêt maladie d’un à deux jours.
De toutes façons, au travail, vous n’êtes pas productif et vous risquez de contaminer tous vos collègues.

MAIS, à moins de pleurer, il est rare que le médecin vous propose un arrêt pour une rhynopharyngite.
On n’ose pas non plus en demander.
Car ceux qui sont en arrêt sont souvent mal considérés par leurs responsables et certains de leurs collègues.
On devient des « profiteurs » du système alors que parfois, on est juste exténués à force de lutter contre la maladie.


Imaginez à présent la scène. Vous êtes en Allemagne. La même crève, voire un peu moins forte.
Le médecin vous prescrit des médicaments homéopathiques et surtout, le meilleur des remèdes : du repos !!!
Et oui, il considère qu’en se reposant, votre corps va pouvoir mieux lutter contre les microbes et vous serez plus rapidement guéri. Pas faux.
En Allemagne, quand on est malade, on reste chez soi ! Comme ça, vous ne contaminez personne et vous revenez plus vite au boulot en pleine forme.

Aussi simple que ça.

Une de mes amies m’a d’ailleurs raconté son expérience où le médecin allemand lui demandait : combien de jours de repos souhaitez-vous ?
Elle lui a répondu (avec une certaine gêne et en pensant que ça fait déjà beaucoup de jours pour une petite crève) : 2-3 jours.
- 2-3 jours ? Seulement ? Vous êtes sûre que ce sera suffisant ? Bon, et bien, je vous mets 3 jours et si vous avez besoin de davantage, vous revenez me voir.

Et quand elle a raconté ça a son copain allemand, il lui a dit :
- quoi ?? elle t'as donné 3 jours seulement ?! Mais quel radin ce médecin !!

:)

lundi 2 mars 2015

Témoignage de la vie à l'Est



La construction et la vie derrière le mur

Qu'as-tu pensé lors de la construction du mur ?

J’étais contente lorsque le mur a été construit car mon pouvoir d’achat était dès lors plus important.
Je suis restée à Berlin de sa construction de 1961 à 1976 puis j’ai déménagé sur Dresden.

Quels sont tes plus beaux souvenirs derrière le mur ?

Je dirais la sécurité. Mon mari a été hospitalisé pendant 10 longs mois mais je ne me suis jamais fait de souci financier. Et puis ensuite, mes plus beaux souvenirs sont en famille.
J'étais satisfaite de ma vie et je n'aurais jamais eu l'idée d'aller à l'Ouest.

Quels étaient les avantages à vivre à l'Est ?

La sécurité de l’emploi et les assurances en cas de maladie. Les enfants recevaient une bonne éducation aussi, aucun n’était laissé à traîner dans les rues. C’était un système mieux organisé.

Quel fruit et quel légume mangeais-tu le plus souvent ?

Pour les fruits, je mangeais souvent des pommes, des poires (pas trop en hiver), myrtilles, fraises (qui étaient apportés directement des campagnes dans des corbeilles), cerises, bananes très rarement.
Pour les légumes, c’était en fonction des saisons : du chou, du chou rouge, des carottes, du céleri, des racines de persil, des choux de Bruxelles, des radis, des pommes de terre et du chou vert.
Il y avait de tout sauf des kiwis, papayes et mûres etc
Les fruits et les légumes étaient d’ailleurs très peu chers.

Etais-tu au courant des écoutes et des visites de la Stasi ?

C’était connu de tous que nous pouvions être écoutés. Personne ne savait quand ni comment. Et de toutes façons, peu avait le téléphone. Qu’un voisin fasse une déclaration sur toi était tout à fait possible.

As-tu du apprendre le russe ? 

Oui nous apprenions le russe à l’école et je trouve cela normal. Mon père parlait russe et la maîtresse avait elle-même aussi appris le russe. J’ai aussi étudié l’anglais (2 ans seulement) et un an le français, car le professeur était parti à l’Ouest (avant le mur).
Jusqu’à il y a 15 ans, je pouvais encore m’entretenir en russe avec des gens.

Comment considères-tu les Allemands de l’ex Allemagne de l’ouest ? 

Pour moi, il n’y a pas de différence entre les Allemands de RFA et de RDA.
Kohl avait dit qu’un million de jeunes Allemands étaient venus à l’Ouest et que la RFA pouvait encore en accueillir 1 autre million. Mais à la vérité, il ne voulait que des ressources qualifiées.


La vie après la chute du mur 

Penses-tu que les gens ressentent encore aujourd'hui la séparation Est-Ouest ?

Les gens en ont surtout profité pour voyager où ils voulaient, dès qu’ils en avaient les moyens.
On voit aussi beaucoup de pauvreté, de mendiants, ce qui n’existait pas à l’Est. D’ailleurs, les jeunes reviennent à l’Est.
J’étais bien contente lorsque j’ai pu avoir un nouveau frigo sans trop de délai d’attente. Avant, on attendait pour tout. Pour les chaussures par exemple, la RDA produisait 5 paires de chaussures par enfant par an mais toutes les familles ne trouvaient pas de chaussures pour leurs enfants, car l’Ouest avait déjà tout acheté.

Qu’est-ce que la chute du mur a eu comme conséquences sur ta vie quotidienne ?

J’ai perçu moins de retraite.

Regrettes-tu l’époque du mur ?

Non je ne regrette pas cette époque. J’y ai bien vécu, sans inconvénient. Nous étions satisfaits de nos vies. Nous vivions tout simplement. C’est du passé à présent. 

Qu'as-tu pensé du film Good Bye Lenin ?

Ce film m’a amuse car le retour à la vie de la RDA était très bien fait.